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I - LA COLONISATION (1492-1788)
1492 : Christophe Colomb débarque
sur l'île d'Haïti qu'il appelle Hispaniola et qui deviendra
Santo Domingo. L'île compte plusieurs milliers d'indiens Arawaks
et Taïnos. En moins de 30 ans la plupart périssent,
victimes de sévices et de maladies venues d'Europe."
La rencontre des deux mondes " commence par un génocide
!
1500-1788 : Pour remplacer la main-d'uvre
indigène, les Français qui succèdent aux Espagnols
partis vers le continent américain, organisent une déportation
massive d'esclaves africains. L'île, devenue française
en 1697, s'appelle Saint-Domingue. Elle produit du tabac, du cacao,
de l'indigo.
Les colons affluent et de grandes plantations de canne
à sucre enrichissent la France, mais à quel prix ?
Celui de la souffrance de milliers d'esclaves, avilis, exploités
et privés de liberté.
II- LES LUTTES POUR L'ABOLITION DE L'ESCLAVAGE ET POUR L'INDEPENDANCE
1789 : La Révolution Française
divise la population. Les Blancs pauvres en sont partisans et s'opposent
aux blancs riches qui la condamnent ; les " hommes de couleur
libres " réclament l'égalité avec les
Blancs. En 1791 des esclaves conduits par Boukman se soulèvent
et massacrent des blancs. Les colons font appel alors aux Espagnols
et aux Anglais.
Le Commissaire de la République, Sonthonax, en
proclamant l'abolition de l'esclavage obtient l'appui de Toussaint
Louverture, officier noir, et de ses troupes. Celui-ci expulse les
Anglais en 1798 et dote Saint-Domingue d'une Constitution en 1801.
1802-1804 : Bonaparte envoie une armée,
commandée par son beau-frère le Général
Leclerc. Sa mission ? Rétablir l'ordre et restaurer l'esclavage
pourtant aboli par la Constituante.
Toussaint Louverture est capturé par traîtrise
et exilé dans le Jura, au fort de Joux, où il mourra
de froid.
Dessalines, son bras droit, décime l'armée française
et triomphe en 1803 lors de la bataille décisive de Vertières.
" 40 000 soldats français sont morts.
" La Métropole quitte définitivement Saint-Domingue
redevenu Haïti.
" Bonaparte essuie sa première défaite militaire...jamais
soulignée dans les manuels scolaires !
1er Janvier 1804, Dessalines proclame
l'indépendance de la 1ère République noire.
III- 2 SIECLES D'INSTABILITE : 1804-2004
1804 -1915 : LA DIVISION DU PAYS
Contesté pour ses décisions brutales et
autoritaires, Dessalines est assassiné par ses généraux
Christophe et Pétion.
Après sa mort, ils se querellent et le pays est
scindé en deux états. Il faudra attendre la mort de
Christophe en 1819 pour que le pays soit réunifié
par Boyer, successeur de Pétion.
En 1825 Boyer devenu Président, négocie
la reconnaissance de l'indépendance d'Haïti par la France,
moyennant une colossale somme d'argent qui grèvera le budget
du pays pendant très longtemps.
Les gouvernements se succèdent,
mais tous exploitent la majorité paysanne ; les révoltes
éclatent, les coups d'Etat se multiplient. Le pays est à
la dérive.
1915 - 1934 : Profitant de l'anarchie,
les Américains occupent l'île ; leur but est d'instaurer
un régime fort et d'en tirer des profits économiques
; les intellectuels haïtiens organisent une résistance
de plus en plus active qui s'achèvera en 1934 par la fin
de l'occupation américaine.
1934 - 1986 : Durant une vingtaine
d'année le pays se développe, mais en 1957, l'arrivée
au pouvoir de François Duvalier débouche rapidement
sur une dictature féroce ; il se proclame Président
à vie, bâillonne la presse et fait régner la
terreur grâce à ses milices de " tontons macoutes
".
Les intellectuels et les riches mulâtres s'exilent
privant ainsi Haïti de matière grise et de capitaux.
A sa mort, son fils Jean-Claude lui succède.
La pression policière s'atténue mais l'aide financière
de l'étranger est confisquée par la classe au pouvoir.
Corruption et inégalité sociale déclenchent
une violente réaction populaire, obligeant la famille Duvalier
à partir en exil.
1986 - 2000 : L'instabilité
est de retour ; les gouvernements se succèdent. Leader de
l'opposition, le Père Aristide est élu Président
en 1990. Ses réformes effraient. Il est renversé par
un coup d'Etat militaire en 1991 et s'exile au Etats-Unis.
Un embargo de quatre ans décidé par la
Communauté internationale rend la situation économique,
sociale et politique encore plus précaire.
En 1994, l'ordre constitutionnel est rétabli.
Aristide avec le soutien des Américains revient en Haïti.
René Préval est élu Président en 1995.
Aristide lui succède en 2000.
2002 : Les élections
législatives sont boycottées par les partis de l'opposition
qui constatent des irrégularités et de la fraude.
Depuis, les partisans du Président Aristide et
de son mouvement " lavalas " et ceux de l'opposition s'affrontent
souvent de façon violente. Assassinats, agressions, disparitions,
arrestations arbitraires, se sont amplifiés créant
un climat d'insécurité dans le pays.
Les organismes internationaux gèlent les fonds
destinés à Haïti en raison des violations des
droits de l'Homme dans le pays ; la misère s'accroît
; Aristide arme des bandes appelées " chimères
" chargées de pourchasser et de maltraiter tous les
opposants. Le plus emblématique d'entre eux, le journaliste
Jean Dominique, est abattu devant sa station de radio.
2003 : La presse indépendante
est harcelée ; Haïti vit à nouveau dans la terreur
des bandes armées. En novembre une manifestation d'étudiants
s'achève par des affrontements très violents avec
la police. La quasi totalité des secteurs de la société
civile réclame le départ d'Aristide ; des grèves
sont réprimées dans le sang ; le président
est de plus en plus isolé.
2004 Le 1er janvier : Célébration
du Bicentenaire de naissance de la nation Haïtienne; les manifestations
officielles sont boycottées par les partis de l'opposition
et la plupart des états. Le président sud africain
M'Beki est le seul chef d'état présent.
En février des insurgés, conduits par
l'ancien commissaire de police Guy Philippe, s'emparent de la ville
du Cap Haïtien, puis des Gonaïves. Le pouvoir vacille
; l'anarchie et un désastre humanitaire menacent le pays.
Les rebelles progressent vers la capitale Port-au-Prince.
A l'ONU la France demande le départ d'Aristide
; " lâché " aussi par les Etats-Unis, le
président doit quitter finalement le pays le 29 février.
L'ONU adopte une résolution prévoyant
la création d'une mission pour stabiliser Haïti. Des
soldats de plusieurs nationalités, dont des Français
venus de Martinique et de Guadeloupe, ont pour objectifs le rétablissement
de la sécurité et le retour de la justice. Un nouveau
premier ministre intérimaire, Gérard Latortue, est
chargé de préparer des élections en 2005.
Il reste à espérer que
la route qui conduit à la démocratie ne soit pas trop
longue et que les droits de l'Homme deviennent rapidement une réalité
tangible et vivante en Haïti, première république
noire indépendante.
Dominique FAGNOL
Professeur en documentation
Collège de DUCOS /Martinique
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